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mise à jour du : 10/07/2008 - version 3.0 - janvier 2007
| rédigé le : 10 juillet 2008 |
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Syndrome du "journaliste" (3)
Un syndrome
est une association de plusieurs symptômes qui constituent une entité
clinique définissable.
Un symptôme
est un phénomène lié à un état qu'il permet de déceler.
Symptômes
et syndrome sont bien des termes médicaux utiles pour la circonstance.
Rappel des
épisodes précédents.
"Syndrome
du "journaliste" (1)" : les
questions "interro-négatives" et les adverbes "concrètement".
"Syndrome
du "journaliste" (2)" :
la "question fausse
piste" et le "j'ai posé toute ma question, mais tu
n'iras pas au bout de ta réponse".
J'ai
entendu en radio, ce matin, un nouveau symptôme : le "jusqu'où
êtes-vous prêt(e)(s) à aller ?".
Ce
n'est pas la première fois que je l'entends, et ce n'est sûrement pas
la dernière.
Appelant
une réponse forte de la part de l'interrogé(e), elle permet à
l'interrogateur de terminer en beauté son entretien, son
reportage.
Et vlan
!
Cette
"question cul-de-sac" n'est jamais posée quand il
s'agit d'informer ou d'avoir un témoignage équilibré.
Elle
n'est posée qu'à des gens en difficultés - voire en grandes
difficultés -.
Elle
n'est posée qu'à des personnes en luttes (syndicales, sociales,
corporatistes, humanitaires, contestataires, revendicatives, et autres).
Elle est
parfois posée à des sportifs qui sont en difficultés dans une
compétition.
Que
peuvent-ils (elles) répondrent autrement que : "JUSQU'AU BOUT
!!!"
Mais, à
ce bout, il n'y a plus de journalistes pour raconter les dégâts, il
n'y a plus de micro, il n'y a plus de caméra.
J'imagine
quelque humoriste, passé ou présent, s'emparant de cette question :
"Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?"
Et des
réponses du genre :
-
"Nulle part, je rentre à la maison chausser mes pantoufles !"
-
"Comme il n'y a plus rien à faire ici pendant huit jours, je pars
en vacances au soleil !"
-
"J'irai bien à Pékin, ou plutôt à Rio !"
-
"Voir Naples... et mourir."
-
"Jusqu'au bureau du patron pour l'inviter à un barbecue entre
collègues."
-
"Ici, m'asseoir et attendre que cela se passe."
-
"A la cantine, eh patate !"
...entre
autres que je vous laisse inventer.
Je
termine par ce dialogue devenant habituel :
- Est-ce grave, docteur ?
- Cela
se soigne. Aucun
n'en est mort, mais beaucoup en sont atteints.
***
Michel GRELIER
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