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mise à jour du : 28/04/2008 - version 3.0 - janvier 2007
| rédigé le : 27 avril 2008 |
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Les "PLEUREUSES"
Entre
les "CYNIQUES" et les "COMPASSIONNELS", il y a les
PRAGMATIQUES et les RÉALISTES.
De
nombreuses situations récentes : la dernière marche parisienne pour
Ingrid BETANCOURT, les émeutes de la faim, la régularisation de
sans-papiers salariés, les droits de l'homme, le Tibet (sur base des
représentations laissées par le "Tintin au Tibet" d'HERGÉ),
la flamme olympique dont on suit les chahuts lors de son tour du monde, le badge des athlètes
français pour les J.O., la
chaise vide ou occupée lors de la cérémonie d'ouverture des mêmes
J.O., le sort du "sympathique" Dalaï-Lama, etc. nous amènent
à une overdose de compassion, à l'insu de notre plein gré, comme
le dirait une marionnette télévisée.
Ouvrez
vos journaux et vos revues, changez la longueur d'ondes de vos émissions
de radio, zappez de chaîne en chaîne pour suivre leurs journaux
télévisés, le "compassionnel" y ruisselle. Le tout étant de
savoir si le ru, devenant ruisseau puis rivière, ne se transformera pas,
un jour, en torrent. Nous serions devenus alors les citoyens
compassionnels d'un État lui-même empêtré dans le compassionnel.
Qu'est
donc la lettre personnelle du président de la République française,
Nicolas SARKOZY, à la porteuse chinoise de la flamme olympique,
escrimeuse handicapée, JIN Jing, sinon de la compassion politique.
Qu'est
donc ce baise-main, avant de se recoiffer, du président du Sénat
français, Christian PONCELET, à la même JIN Jing, à Pékin, sinon de la
compassion politique.
Une
compassion politique à destination de qui ? De JIN Jing ? Du président
chinois ? De la population chinoise ? Des populations sud-américaines ?
Des populations européennes, en particulier allemande ou britannique ?
Bien sûr que NON.
Tout
cela est strictement franco-français. C'est de la communication politique
compassionnelle. A destination des "citoyens-électeurs"
français, en les frappant là où ils sont fragiles : au "compassionnel".
Il y a probablement quelques points de popularité à y regagner dans les
sondages d'opinion.
Je
n'évoquerai les champions du "cynisme" que pour
mémoire. Ceux qui ne voient que des méchants Tibétains, des gentils
Chinois, un monde olympique angélique abreuvé de Coca-Cola et habillé
par Nike et Adidas, un Dalaï-Lama "trublion" , des producteurs
chinois prêts à vous fournir tout et n'importe quoi, à des prix
défiant la concurrence, et qu'il ne faut surtout pas fâcher.
Ces
cyniques qui ne voient que la rentabilité, en euro, en dollar ou en yuan/renminbi.
Ces
cyniques qui nous voient en bout de course de prospérité, ne dégageant
des profits qu'au prix d'investissements gigantesques donc inutiles. Ces
cyniques qui voient un énorme gisement de retours sur investissements
auprès de ce 1,3 milliard de citoyens-consommateurs, et qui se moque des
mêmes citoyens-électeurs et de la démocratie chinoise ou de tout autre
localisation de démocratie embryonnaire. Ces cyniques qui ne
s'intéresseront à la démocratie et aux droits de l'Homme que quand ils
seront devenus des facteurs de rentabilité, générant des profits
supérieurs à leur inexistence ou à leur médiocre usage.
Pour
moi, dans l'intervalle entre les "cyniques" et les
"compassionnels", se situe le "réalisme" et le
"pragmatisme" de ceux qui savent prendre du recul, qui
savent s'informer, qui enrichissent des connaissances suffisantes par de
l'Information pertinente.
Ceux
qui, par exemple, avant d'enfourcher le cheval fougueux de la
"compassion activiste" - celle de Reporters sans frontières et
de Robert MÉNARD par exemple - se posent la question de savoir si nos
Droits de l'Homme
(1)
occidentaux, basés sur l'Humanisme et la philosophie du
Siècle des Lumières, peuvent être compris là-bas, au Tibet, en Chine,
par HU Jintao, par JIN Jing, et même par le Dalaï-Lama.
Se
poser la question, c'est probablement avouer que l'on a pas la réponse.
Dans
cette catégorie, je range Jean-Pierre RAFFARIN, pour les caméras, et Jean-David
LEVITTE (2)
(conseiller spécial de Nicolas SARKOZY pour les affaires diplomatiques,
son "sherpa" comme on dit), pour le hors caméras, partis en Chine
remettre à HU Jintao - Président chinois - et WEN Jiabao - Premier
ministre chinois - des lettres diplomatiques du Président français et de
son prédécesseur (Jacques CHIRAC).
Venons-en
à celles et ceux que j'ai appelés dans mon titre : les "PLEUREUSES".
Elles
sont inexistantes là où règnent les cyniques.
Leur
existence est en permanence contestée là où vivent les réalistes et
les pragmatistes.
Elles
prolifèrent là où dominent les compassionnels, donc ici, chez nous, en
France.
Leurs
apparitions sont si fréquentes que le choix d'exemples est difficile.
Les
sans-abri parisiens protégés par les "Don Quichotte" ont
remué médiatiquement les consciences, la compassion. Leur installation
le long du canal Saint-Martin fut spectaculaire. Ces sans-abri sont-ils
aujourd'hui abrités ? NON pour leur quasi-totalité. Est-ce dommage pour
eux ? OUI pour une minorité ; NON pour une majorité qui fait le choix
volontaire d'être "sans-abri". Faut-il résoudre ce problème ?
OUI pour les humanistes, OUI pour les réalistes et les pragmatiques, NON
pour mes "pleureuses" car elles (ou ils) seraient privées de
leur fonds de commerce, de leur gagne-notoriété médiatique.
Les
participants à la marche parisienne pour la libération d'Ingrid
BETANCOURT sont poussés par leur bonne conscience. L'appel filial à la
"dernière" marche pour celle qui serait plus proche de la mort
que de la survie était-il alarmiste ou réaliste ? Entre ceux qui ont un
intérêt familial à son retour, entre ceux qui ont un intérêt
politique à sa libération (morte ou vive), combien ont un intérêt
"compassionnel" à la fin de ce drame humain incontestable ?
TOUTES MES "PLEUREUSES" !
Un
troisième exemple : la flamme olympique à Paris et les droits de
l'homme. Un drapeau noir avec des menottes à la place des anneaux
olympiques déployé entre les tours de Notre-Dame, un autre passé par
une fenêtre de l'Hôtel de Ville de Paris, sans oublier celui en
arrière-plan, à Olympie, quand le représentant chinois parle lors de la
cérémonie d'allumage de la flamme. L'Olympisme est-il en cause ?
Cyniquement NON, pragmatiquement NON, compassionnellement OUI. Les droits
de l'homme sont-ils en cause ? Cyniquement : NON et R.A.F (3)
; pragmatiquement : la question se pose, la réponse mérite d'être
cherchée ; compassionnellement : OUI évidemment. Tous ceux et toutes
celles qui ont une défense sélective des droits de l'homme sont MES
"PLEUREUSES" ! Je les invite à faire le tour de 26 pays de
l'Union européenne et à observer les cas de non-respect des droits de
l'homme dans chacun d'eux. Je les invite à finir ce catalogue par le
27ème État-membre, le nôtre, la France.
MES "PLEUREUSES"
sont prêtes à se voiler la face ici.
MES
"PLEUREUSES" sont prêtes à se mobiliser et à crier au loup pour
certaines causes choisies.
MES
"PLEUREUSES" sont prêtes à précipiter dans leurs oubliettes
trop d'autres causes moins intéressantes (Darfour, Zimbabwe, Haïti,
Transdniestrie, Iran, Afghanistan, Sri Lanka, Gaza..., les enfants dans
les conflits armés : Népal, Burundi, Soudan, Côte d'Ivoire, Myanmar.
Etc.
(4)
Mon
idée sur "MES PLEUREUSES" est que dans notre pays s'est
installée une "intelligentsia de la compassion". Elle ne sort
d'aucune école spécialisée, elle compense ce que des politiques ne font
pas, ou n'ont pas fait, ou n'ont pas osé faire. Elle satisfait une grande
partie des citoyens et fournit de la matière aux relais médiatiques, par
ses propos, par ses écrits, par ses mobilisations, par ses pétitions et
par d'autres faux-semblants d'une démocratie participative immature,
irresponsable et inconsistante.
La
Nature ayant horreur du vide, la "COMPASSIONNITE" s'est
déclarée. L'épidémie s'est répandue. La malade est touchée par des
poussées de fièvre régulières, parfois violentes.
Comme
l'altermondialisme, né à Seattle en décembre 1999, quand il n'y avait
aucune force organisée face aux Etats-Unis et à l'Union européenne pour
organiser le commerce mondial en voie de globalisation. Ce même
altermondialisme qui sombre à Cancun en septembre 2003, quand les États
en développement - G 20 (5)
-, se
lèvent, affirment leur existence et s'opposent fermement aux exigences
européennes et étatsuniennes.
Est-ce
politique ? Est-ce culturel ? Est-ce collectif ? Est-ce intime ?
Resterons-nous
longtemps un peuple compassionnel ? Deviendrons-nous un jour un peuple
pragmatique, réaliste ?
Je
vous lance la balle de la réflexion.
Michel
GRELIER
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(1) Pour un regard
global :
Droits
de l'Homme (source Wikipédia).
(2) Pour un CV rapide
en situation d'Information, cliquez sur Jean-David
LEVITTE, (et allez à la dépêche
AFP du 16 mai 2007, 12:41). Pour un CV plus complet sur Wikipédia : Jean-David
LEVITTE.
(3) R.A.F. =
"rien à faire" ou "rien à foutre" selon votre
expression habituelle.
(4) Voir le site de
l'ONU : LES
ENFANTS ET LES CONFLITS ARMÉS. Voir
aussi le site de la Commission européenne : Aide
humanitaire, et ECHO
sur le terrain, la liste
impressionnante des pays où l'Union européenne est intervenue, au fil
des années, sans beaucoup mobiliser les "PLEUREUSES".
(5) Voir : G-20
(source Wikipédia, en anglais). Voir aussi le Site
officiel du G-20.
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