|
mise à jour du : 12/04/2008 - version 3.0 - janvier 2007
| rédigé le : 11 avril 2008 |
--- |
|
Il sera sur la photo, pourtant il n'y est pour pas grand chose
Au
second semestre de 2008, l'Union européenne à 27 (UE-27) sera
décorée en bleu-blanc-rouge (1).
La France sera présidente en exercice de l'UE-27 du 01 juillet au 31
décembre. Le président français, le chef de l'État, deviendra le
président de l'UE-27. Il succèdera à Janez JANSA, chef du
gouvernement slovène (et pas au chef de l'État slovène : Danilo
TÜRK), qui lui passera le relais. A l'issue de sa présidence
européenne, Nicolas SARKOZY passera le relais au chef du gouvernement
tchèque, Mirek TOPOLANEK (et pas au chef de l'État tchèque : Vaclav
KLAUS). Cela ne vous fait-il pas drôle que les chefs d'État ne se
passent pas le relais entre eux, ou que les chefs de gouvernement ne le
fassent pas entre eux ? Exit donc François FILLON, notre chef de
gouvernement.
La
première question qui vient est : pendant ces six mois, Nicolas SARKOZY
sera-t-il plus le président des Français ou plus le président des
Européens ?
Ses
propos et déclarations seront-ils plus français qu'européen ou plus
européen que français ? Va savoir... pour le moment.
Revient
le mot-clé qui permet de délimiter les champs respectifs d'action : COMPÉTENCE.
Est-ce
une compétence européenne ? OUI, alors Nicolas SARKOZY devra se
comporter en président de l'UE-27.
Est-ce
une compétence française (nationale) ? OUI, alors Nicolas SARKOZY
pourra continuer à se comporter en président de la République.
Il
est probable que des difficultés apparaîtront quand il y aura un
chevauchement de compétences.
Il
est probable que des difficultés apparaîtront quand des intérêts
nationaux (français) entreront en collision avec des intérêts
communs, européens.
Mais
ne faisons pas de procès d'intention, il y a présomption d'innocence
politique.
Des
événements vont se produire pendant la présidence française de
l'UE-27, sur lesquels la France, tout comme son Président, n'auront pas
eu d'influence. Comme ces événements auront une incidence européenne
forte, le président en exercice de l'UE-27, notre président de la
République sera sur les photos historiques, bonheur médiatique
politico-people, surtout si, pour ces occasions, Carla n'est pas loin de
Nicolas.
Août
2008, Pékin, cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'été.
Pour que Nicolas SARKOZY ne soit pas dans la tribune, aux côtés de HU
Jintao, il faut qu'une majorité des 27 États membres de l'UE, décide
de boycotter cette cérémonie. Il faut donc que les ministres des
Affaires étrangères des 27 décident, ensemble, de boycotter cette
cérémonie. S'ils n'en décident pas ainsi, le président en exercice
de l'UE-27 doit respecter leur position politique et diplomatique : il
doit y être.
S'il
y est, cela va faire jaser dans nos chaumières nationales, surtout dans
celles des ex-nonnistes qui vont trouver là un motif pour une nouvelle
croisade anti-européenne.
Les
décisions nationales de "chaise vide" sont plus faciles :
Angela MERKEL, Gordon BROWN ont déjà prévenu que leurs emplois du
temps étaient trop chargés pour cette date. De plus l'Allemagne a
toujours la possibilité de se faire représenter par son président de
la République fédérale : Horst KÖHLER ; et le Royaume-Uni par un
membre de la famille royale opportunément choisi.
Et
voilà notre Nicolas SARKOZY coincé entre ses deux casquettes de
président et de président.
D'ici
à la fin de 2008, les plus optimistes, dont je fais partie, attendent
la réunification de l'île de Chypre.
L'élection
du nouveau président chypriote (grec) Demetris CHRISTOFIAS, a
enclenché un processus annoncé comme irréversible. L'ouverture rapide
du point de passage de la rue Ledra à Nicosie laisse bien augurer de
cette évolution.
Dans
l'hypothèse d'un référendum positif dans les deux communautés, avec
le retournement de position des Chypriotes grecs vivement espéré, tout
le territoire de Chypre et tous les Chypriotes (sans distinction de
grecs ou de turcs) seront réunifiés et, tous, des citoyens européens
de plein droit.
Le
président en exercice de l'UE-27, notre Nicolas SARKOZY, ne peut
pas ne pas y être, et il serait donc sur les photos historiques.
Après
les vacances d'été de 2008, les Danois devraient être appelés à se
prononcer par référendum sur l'entrée du Danemark dans la zone
euro et sur la fin des quelques clauses d'opt-out dont bénéficie
le Danemark.
Anders
Fogh RASMUSSEN, le chef du gouvernement danois, semble avoir quelque
ambition européenne pour l'un des postes créés par le Traité de
Lisbonne. Pour réussir, il lui faut faire rentrer son État membre dans
la règle commune. Il s'y emploie.
Et
s'il réussit, le président en exercice de l'UE-27, notre Nicolas
SARKOZY, ne peut pas ne pas y être, et il serait donc sur les
photos historiques.
Début
novembre 2008, les citoyens des Etats-Unis élisent leur nouveau
président. Qui qu'il (ou elle) soit, Nicolas SARKOZY va devoir se
fendre de DEUX messages de félicitations.
Le
premier, au nom de la République française et en son nom propre,
définira son degré de joie américanophile personnelle et nationale.
Le
second, au nom de l'UE-27, devra marquer les nuances que les États
membres ont par rapport aux actions étatsuniennes de par le monde
(Afghanistan, Irak, et ailleurs).
En
janvier 2009, lors de la cérémonie d'investiture, à Washington, c'est
un Nicolas SARKOZY, redevenu le simple président des Français qui
félicitera le (la) nouvel(le) élu(e). Et c'est Mirek TOPOLANEK qui le
fera au nom de son pays (la République tchèque) et de l'UE-27 dont il
sera le tout récent président en exercice.
(1)
Pour un coût estimé à 190 millions d'euro.
Michel
GRELIER
***
|
|