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mise à jour du : 24/04/2008 - version 3.0 - janvier 2007
| rédigé le : 18 novembre 2007 |
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A TOUS CEUX QUI AFFIRMENT ÊTRE A 200 %
C'est,
bien sûr, une expression de la vie courante, devenue banale.
Mais
c'est une expression d'une totale stupidité.
D'autant
que l'on n'écoute plus ce que l'on dit : "Je suis motivé à 200
%", "j'aborde ce match à 200 %", etc. Les exemples
abondent autour de nous, comme en radio, en télévision et dans la presse en
général.
Je sais
ce qu'est le dépassement de soi, philosophiquement ou humainement, ou
le surpassement de soi pour se sortir d'une situation périlleuse.
Comme vous, je peux citer des exemples.
Dans la
bande dessinée, Lucky Luke, qui "tire plus vite que son
ombre" est en dépassement de soi au premier degré, son ombre lui passant devant, le
dépassant
Mais
pour un coureur à pied, aller à 200 %, c'est aller 2 fois plus vite
qu'à l'habitude...
Pour un
militant impliqué dans une campagne électorale, c'est consacrer 2 fois
plus de temps que d'habitude à cette activité...
Pour
un étudiant qui prépare un examen, c'est passer 2 fois plus de temps
le nez dans ses livres et dans ses notes...
Pour
marquer la limite de la stupidité évoquée au début, je prends
un verre d'eau et je le remplis.
Bien
sûr les optimistes le voient toujours à moitié plein et les
pessimistes à moitié vide quand la capacité des 50 % est
atteinte.
Continuons
le remplissage, à 70 %, 80 % ou 90 %, cela reste une action facile.
A 95 %,
je ralentis le rythme.
A 99 %,
je passe dans le principe de précaution.
Au-delà,
c'est du goutte à goutte.
Il me
revient à l'esprit qu'un professeur nous avait fait observer que, en
physique, il était possible de remplir un verre (ou un récipient en
général) plus haut que le bord, c'est le... ménisque (1).
Dans ce
cas, le verre est rempli à plus de 100 % de sa capacité mathématique,
calculée selon la formule établie du volume.
Passée
cette limite... l'eau déborde du verre.
Mis à
part quelques cas qui me restent incompréhensibles, quand mon
ordinateur charge un programme, s'auto-nettoie, se défragmente, il me
montre un curseur qui m'aide à attendre la fin de son travail. Il
est limité à 0 d'un côté et à 100 % de l'autre. Quand approche le
100 %, je me redresse sur ma chaise car mon travail personnel va
reprendre.
Heureusement
que mon ordinateur n'est pas un adepte du 200 % !
Chaque
coureur cycliste à son plafond cardiaque comme limite à ne pas
dépasser sous peine de choc physiologique grave.
Pour les
aider à rester sous ce plafond, les coureurs cyclistes portent, sous le maillot,
autour du torse, une ceinture qui leur permet de suivre - en permanence -
l'évolution de leur rythme cardiaque, l'information étant renvoyée
sur un compteur fixé sur leur guidon.
Les
journalistes qui les suivent ont une expression claire pour cette
situation : "se mettre dans le rouge".
Chaque
coureur cycliste a son 100 % qu'il ne peut dépasser que très
légèrement et le moins longtemps possible.
A 200 %,
ce n'est pas le petit chat qui est mort
(2), c'est le coureur cycliste !
Une
dernière illustration : le moteur d'une voiture de Formule 1, quelle
que soit sa nationalité et sa couleur.
Pour
être performante, toutes les pièces mécaniques ont été calculées
au plus loin dans leurs performances, sous les limites de rupture.
Le
pilote sait qu'en tours/minutes, le moteur ne peut excéder une valeur -
vers les 18.000 -. S'il va au-delà, c'est le panache de fumée garanti, la
mise hors-course assurée, et le diagnostic/verdict : "moteur
cassé".
Encore
un, ce pilote, qui ne peut aller se dépasser jusqu'à ses 200 %, et
même s'il le proclame en conférence de presse, son moteur le
rappellera à l'ordre et cassera dès les 105 % atteints.
L'HOMME
AURAIT-IL CETTE IDÉE FOLLE DE PRÉTENDRE ATTEINDRE UN DOUBLEMENT DE SES
PERFORMANCES ?
ET POUR
EN FAIRE QUOI ?
Revers
du raisonnement.
En
prétendant à ces 200 %, certains ne révèlent-ils pas qu'il sont -
TOUT LE RESTE DU TEMPS - à moins de la moitié de leurs capacités, de
leurs compétences, de leurs possibilités - physiques et/ou
intellectuelles et/ou morales -, soit sous les 50 %, plus ou moins
largement.
Alors,
où se situe l'optimum des capacités, des compétences, des
possibilités ?
Je
dirais bien entre 80 et 90 %, avec des possibilités de progression,
tendant vers les 100 %.
Mais
c'est de l'utopie.
Me
regardant dans le miroir, objectivement et/ou honnêtement, je ne suis
pas à 80 % de mon potentiel. Pourquoi ?
Parce
que certains jours, je suis capable de faire trois journées d'affilée
de plus de 17 heures chacune dont 6 heures d'animation de formation.
Parce
que certains jours, je fus capable de me lever à 03 heures du matin et
de m'attaquer à la lecture, à l'écriture, à la compilation
d'informations, à la correction... et d'arrêter vers 22 heures. Et
cela pendant une période allant de début juillet au 15 août 2007,
avec quelques journées de vide complet pour récupérer.
ET
JE N'ÉTAIS PAS ENCORE A MON 100 %.
Parce
que je n'ai pas écrit 10 % des idées que j'ai élaborées et que
j'aurais souhaité mettre noir sur blanc.
Parce
que j'ai encore quatre ou cinq choses essentielles à faire d'ici un
grand départ... futur.
Aucune
de ces choses ne me demandera d'être à 100 %.
L'une
d'elle ne me réclamera même pas d'être à 1 % de mon potentiel, mais
elle me demande de rouvrir une porte que j'ai laissé se refermer par
négligence. Une porte sur le passé, une porte sur ma vie, une porte
derrière laquelle sont des êtres chers... et qui le restent.
L'important,
pour chacun, n'est-il pas de faire, en toute circonstance, du mieux
qu'il le peut, avec l'ensemble de ses qualités et défauts disponibles.
...
ET MERDE A TOUS
LES MARTYRS DU 200 % !
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(1)
Ménisque. Voir une explication illustrée en descendant jusqu'à
l'expérience n°5, après avoir cliqué sur :
expérimentation n°5
. Pour une définition, cliquez sur
WIKIPEDIA .
En
cas de difficulté, cliquez sur WIKIPEDIA,
puis entrez "ménisque" dans la case
"Rechercher" et cliquez sur "Consulter".
(2) Citation empruntée à MOLIÈRE dans
"L'école des femmes".
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Michel GRELIER
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