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mise à jour du : 17/01/2008 - version 3.0 - janvier 2007

ACTUALITÉ EUROPÉENNE OU NATIONALE

rédigé le : 25 juin 2007 ---
          
          Nous savons à nouveau vers où va l'UE-27
 
Nous savons depuis une semaine seulement vers où l'Union européenne se dirige.
Le Conseil européen de Bruxelles des 21, 22 et 23 juin, que j'ai pu suivre par Internet et des dépêches d'agence, fut laborieux, parfois acharné.
 
Le nouveau président de la République, Nicolas SARKOZY, semble y avoir remis la locomotive européenne sur les rails français.
Une question reste posée : qu'en pensent les Français ?
Les sondages d'opinion nous manquent ; et le dernier Eurobaromètre paraît presque trop beau.
 
A la question : "mais où vont donc les Européens ?", il y a un petit morceau de réponse commune, et plusieurs gros morceaux de réponses nationales, tant les États membres ont tiré à eux la soupière et la louche pour se servir.
 
Les citoyens européens n'ont cessé de regarder derrière eux depuis deux ans et de palabrer.
Les Institutions (Commission et Parlement européen) ont continué de travailler.
Le monde "global" (Brésil, Chine, Inde, Russie et d'autres) a continué d'avancer à grande vitesse.
Des hommes, des femmes et des enfants sont morts en Irak, au Darfour, au Liban, en Palestine, en Afghanistan, sous l'oeil de multiples caméras et dans une relative indifférence.
 
Selon moi, les Jeunes européens d'aujourd'hui doivent surveiller deux lièvres à la fois, et ne pas les lâcher.
 
Le premier lièvre, et il court vite, porte les couleurs brésiliennes, chinoises, russes ou indiennes.
Le second lièvre, un bon gros lièvre, semble se prélasser sur son chemin. Et ce lièvre, qui porte nos couleurs (bi- ou tri-colores), semble plus préoccupé par sa nourriture et son confort, que par les courses qui sont engagées.
 
Il y a donc deux séries de réponses à explorer.
 
La première est nationale.
Des intérêts particuliers (partisans et politiciens) l'emportent sur des intérêts collectifs (de moyen terme ou communs, européens). Ce qui compte aujourd'hui est plus la visibilité et la médiatisation des actions que l'intérêt général bien compris de l'ensemble de la population.
Sans oublier les effets d'annonce et les ballons d'essai.
Alors les priorités vont devenir de plus en plus électorales voire populistes. Elles iront dans le sens des attentes des populations en permanence auscultés par du marketing politique pour définir les mesures possibles, des études socio-politiques pour assurer le rythme et l'argumentation, et toutes les batteries de sondages d'opinion pour vérifier et suivre l'état de l'avancement.
 
La seconde est "globale".
Des intérêts nationaux, même venant de grands États membres comme l'Allemagne, la Pologne ou la France, ne peuvent plus être défendus par le pays seul avec sa population.
Ne voit-on pas de plus en plus de multinationales ayant un chiffre d'affaires supérieur au PIB d'États.
Si des États européens ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes, ils sont contraints de "faire ensemble".
Énergies, climat, agriculture, pêche, diplomatie, défense et sécurité, feux de forêts et protection civile, flux migratoires, etc. sont des domaines où cette nécessité du "ensemble" est de plus en plus visible.
 
Est-ce pour cela que les principaux moteurs de l'UE actuelle sont la PAIX partagée, la Prospérité partagée et l'Indépendance partagée.
 
La Paix partagée comme en Ulster, ce petit coin de l'île d'Irlande où les affrontements meurtriers pendant 30 ans viennent de laisser la place à un gouvernement partagé entre Loyalistes protestants et républicains catholiques.
Cette Paix, on la vit depuis si longtemps qu'on ne la voit plus.
 
La Prospérité partagée avec les milliards d'euro que les États membres contributeurs permettent de transférer aux États et régions qui en ont tant besoin.
 
L'Indépendance partagée. C'est l'enjeu qui vous concerne le plus directement.
Indépendance partagée pour l'énergie.
Nous n'avons pas de gaz, pas de pétrole dans notre sous-sol. Nous devons l'acheter. A qui ?
Et nous tombons dans une dépendance de plus en plus forte face à la Russie et Gazprom, à l'Algérie et Sonatrach.
Votre défi, qui est déjà celui de nos responsables communautaires, est de trouver de nouveaux pays producteurs proches, des pays de transit (gazoducs, oléoducs) sûrs, et des moyens de transports (pétroliers, méthaniers) suffisants et protégés.
Derrière cette indépendance énergétique partagée, nous trouvons : la mer Caspienne et la mer Noire, le Kazakhstan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et la Méditerranée.
 
Comment rester le plus indépendant possible, chaque État membre et tous ensemble, sinon en ayant une diplomatie partagée et des forces de sécurité partagées.
 
Et nous revoilà de retour au Conseil européen de Bruxelles et au samedi 23 juin 2007 à 04 heures 15 du matin.
 
***
 
Ma conclusion est une question pour laquelle je n'ai pas, moi, de réponse.
Vous peut-être.
 
Entre des relations inter-générationnelles, verticales, au sein d'un même État, d'une même Région...
 
... et des relations intra-générationnelles, transversales, dans un espace élargi, dépassant les États, regroupant des villes et des régions...
 
... lesquelles seront les plus efficaces pour vous permettre de relever les défis qui vous seront imposés.
 
***
Michel GRELIER, 25 juin 2007,
Exposé donné dans la cadre du Triangle de Weimar - Jeunes - Dortmund, le 02 juillet 2007
Trilatérale organisée par IBB, Internationales Bildungs- und Begegnungswerk, Dortmund
Régions : Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne), Nord-Pas de Calais (France), Silésie (Pologne)