ACCUEIL

page d'entrée du site

NOUVEAU

ce qui a été ajouté depuis la dernière mise à jour

REPÈRES

informations européennes et générales

DOSSIERS

un fil d'actualité sur des sujets importants

TOUS TEXTES

compilation (publié ou non)

DIAPORAMAS

compilation

 LIENS

pour naviguer

Michel GRELIER

c'est moi

En contact

messages

mise à jour du : 17/01/2008 - version 3.0 - janvier 2007

ACTUALITÉ EUROPÉENNE OU NATIONALE

rédigé le : 23 avril 2007 ---
          
          La France n'est pas une "maison close"
 
... Ouvrez les fenêtres, bon sang ! et regardez dehors ce qui se passe.
 
Quand on regarde l'Hexagone de l'extérieur, on a beau crier, attirer l'attention, rien n'y fait.
A croire que, dedans, ils sont tous devenus sourds.
Et dehors que voyons-nous ? Au milieu de quoi sommes-nous ?
 
Dans un monde agité, l'Union européenne à 27 (UE 27) cherche à maintenir la PAIX et à promouvoir ses VALEURS. Il n'y a plus de guerre sur le territoire européen et nous considérons la PAIX actuelle comme une banalité. Le dernier affrontement meurtrier, avec son cortège de barbaries, a pourtant moins de dix ans, dans l'ex-Yougoslavie.
La GUERRE, on sait ce que sait. Des affrontements directs ou indirects qui laissent des hommes au sol, cadavres à tout jamais. La PAIX, on croit savoir que c'est l'absence de GUERRE.
Aujourd'hui, entre Guerre et Paix, nous sommes dans un état de "NON-PAIX". Que votre étonnement laisse place à une carte et cherchez le Kosovo, la Moldavie, la Transdniestrie, Chypre, et l'Ukraine, et le Caucase. Sur tous ces fronts, l'UE 27 est présente diplomatiquement et militairement, en son nom propre ou au nom de la Communauté internationale (ONU, OTAN).
Question pour les semaines qui viennent : que ferons les Français et la France pour protéger, ou défendre, la PAIX et les VALEURS européennes partagées ?
 
Dans un monde de rivalités politiques et économiques, l'UE 27 cherche à maintenir son INDÉPENDANCE.
Au temps du Général de Gaulle, notre indépendance était un leitmotiv dans sa dimension nationale. La force atomique française de dissuasion la garantissait. Si, aux temps du Général, le monde était divisé en deux blocs : l'Union soviétique et le monde dit "libre", le jeu national consistait à rester indépendant au sein du monde "libre", et l'OTAN des Etats-Unis se chargeait du reste.
Aujourd'hui, le monde est partagé entre plusieurs régions qui veulent protéger leur expansion ou leur indépendance par des armements de riches : satellites d'observation, lanceurs et engins nucléaires, ou d'actions armées de pauvres : voitures piégées, bombes humaines, terrorismes.
Dans ce domaine, il n'y a plus un seul pays de l'Europe occidentale, France incluse, qui ait les capacités d'assurer et de garantir, seul, son indépendance nationale.
Dorénavant, il ne peut y avoir d'indépendance garantie que celle que nous assurons ensemble, et pour l'ensemble des États membres de l'UE 27. Indépendance partagée face à des agressions humaines, criminelles ou terroristes ; indépendance partagée aussi face aux agressions naturelles : incendies, tremblements de terre, inondations.
Est-il besoin de rappeler qu'indépendance est une absence de dépendances diverses ?
Question pour les semaines qui viennent : que ferons les Français et la France pour protéger notre INDÉPENDANCE partagée ?
 
Un autre aspect de l'indépendance, de plus en plus sensible et coûteux, concerne l'énergie. Nous sommes en état de dépendance pour le pétrole et le gaz qui permettent de produire l'électricité, qui permettent de travailler, de se déplacer, de se chauffer, de se nourrir.
Si aujourd'hui, il fait clair et chaud dans l'Hexagone, qu'en sera-t-il dans 15 ou 20 ans ?
Dans quelles régions trouverons-nous ce pétrole et ce gaz ? Comment s'appellent les pays producteurs dont nous deviendrons irrémédiablement dépendants ? Comment garantir sur le long terme les quantités nécessaires de matières premières ? Comment s'appellent les pays de transit dont nous deviendrons dépendants ? Comment garantir, sur le même long terme, la sûreté de ces approvisionnements ?
Question pour les semaines qui viennent : que ferons les Français et la France pour protéger notre INDÉPENDANCE énergétique partagée ?
 
Si Français et Européens se mettront d'accord rapidement sur PAIX, VALEURS et INDÉPENDANCE partagées, la difficulté viendra de la place que la France et les Français voudront, et pourront, occuper sur le terrain des manoeuvres, dans la partie engagée.
 
Depuis quelques années, la France a préféré se recroqueviller et se taire.
Depuis fin mai 2005, la France et une bonne moitié des Français, ont poussé un cri de "ras-le-bol" et se sont enfermés, entre eux, dans leur "maison close". Quelques jours plus tard, les Pays-Bas et des Néerlandais ont fait pareil.
Janvier 2007, Angela MERKEL prend la présidence de l'UE 27 pour six mois. Parmi ses objectifs déclarés : remettre en route le traité permettant de faire fonctionner l'UE 27, de répondre aux défis de la PAIX, des VALEURS et de l'indépendance partagées.
Pour illustrer la situation, la musique va nous aider.
L'orchestre européen, qui change de chef chaque 1er janvier et chaque 1er juillet, a l'habitude de jouer une partition semestrielle. Le public qui l'écoute a la même habitude.
L'actuel chef d'orchestre allemand, Angela MERKEL, bouscule cette habitude. Elle a commencé à écrire sa propre partition avec le chef finlandais, elle joue maintenant la partition qu'elle a écrite, elle a écrit - avec eux - la partition, qu'après elle, les chefs portugais et slovène dirigerons.
Et le chef d'orchestre qui leur succédera sera français(e).
Angela MERKEL mettra sur la table du Conseil européen des 21 et 22 juin prochains, la partition à finaliser, avec la France et une majorité des Français.
Question pour les semaines qui viennent : que ferons les Français et la France pour reprendre la place historique qui est la leur depuis le début, pour faire fonctionner une Union européenne à 27 - France et Français compris -, pour protéger notre PAIX, nos VALEURS, notre INDÉPENDANCE partagées ?
 
Il serait facile de terminer par une envolée lyrique en faveur d'une Europe idyllique et inimitable.
Il serait facile de lancer l'invective, l'anathème, l'opprobre contre tous ceux qui ne partageraient pas une telle vision.
 
Il sera beaucoup plus difficile de mobiliser la raison et l'intelligence d'une majorité, comme pour toutes les matières essentielles qui traverse notre monde, notre siècle et les Citoyens de la planète.
Ce sera difficile parce que le calendrier de la PAIX, des VALEURS et de l'indépendance s'étale et dépasse largement le calendrier politique (et politicien) de nos élus, celui de leur mandat électif.
Ce sera difficile parce qu'il faut dire, montrer, expliquer, et encore, et encore.
C'est pourtant le seul moyen pour ouvrir les portes et les fenêtres de notre beau pays, de notre État, de nos Régions et, pour une fois, de notre Nation et de son patrimoine partagés, pour les faire - tous - respirer un bon coup.
 
***
 
Michel Grelier,
conférencier, membre de TEAM EUROPE France,
23 avril 2007